Banda : pas d’épices mais des mandarins !

07/12/2010 –

Après Lucipara et Gunung Api, nous continuons notre périple vers Sorong via le port de Banda Neira, Koon et Missol, autant de  noms qui nous ont fait rêver pendant  plus d’un an, chacuns étant chargés d’histoires racontées par les uns ou les autres … 

Banda Neira, à l'est des Molluques

 Situé au Sud-Est des Moluques, l’archipel de Banda doit à son sol volcanique, la production du muscadier, une plante indigène dont le commerce suscita la convoitise des portugais, des anglais puis des hollandais durant les 16ème et 17ème siècles. La culture des épices (poivres divers, clou de girofle, cannelle ….)  fit la réputation de l’archipel dont l’île principale, Banda Neira, garde encore des traces de ces différentes occupations coloniales. 

Maisons coloniales - Banda Neira

Depuis qu’on nous avait parlé des épices de Banda, je rêvais de me promener sous ces arbres, de respirer ces essences odorantes, de goûter aux fruits et aux graines avant séchage et traitement. Ce rêve reste intact, car « l’île aux épices » se trouve à plusieurs heures de bateau du port de Banda où nous avons dû nous arrêter pour approvisionner le bateau en fuel.

Le "Temukira" à quai (Banda Neira)

Pas d’épices ? Tant pis ! Nous plongerons sous le bateau, où nous avons la surprise de voir des  poissons mandarins[1]

Le Temukira vu du dessous!

Des mandarins en plein jour ? Pas possible ! Ces poissons incroyables aux lignes sinueuses orange sur fond bleu et aux curieux dessins colorés de bleu, orange, vert, pourpre, jaune  …  sont très craintifs et ne sortent qu’à la tombée de la nuit pour accomplir une magnifique danse d’accouplement où le mâle et la femelle tournent l’un autour de l’autre.     

Les couleurs du poisson mandarin
Couple de poissons mandarin - Port de Banda

 Habituellement, ils se cachent dans les vieux récifs coralliens composés de squelettes de coraux morts, mais ici, à Banda, on les trouve aux abords de masses rocheuses où ils offrent aux plongeurs  un spectacle quasi permanent. Faciles à apercevoir, mais pas faciles à photographier. Ces petites merveilles sont en perpétuel mouvement !  

Le poisson mandarin? On ne s'en lasse pas !

 Bien que nous soyons dans un port, l’eau est incroyablement claire (pour preuve la couleur de ces ascidies) loin de la saleté vue lors de certaines « muck-dives » – ou plongées poubelles –  comme  dans le port d’Ambon par exemple! 

Ascidies (port de Banda Neira)

Juvénil de poisson labre (Port de Banda)

Murène (Port de Banda)
Nudibranche (Jorunna funebris) - Port de Banda

Bien sur, nous avons mis les pieds sur la terre ferme : visite du Fort Belgica – vestige de l’occupation Hollandaise au 17ème,  balade entre les anciennes bâtisses coloniales qui dénotent dans le paysage.  Quel contraste avec les ruelles où pullulent de minuscules échoppes dans lesquelles on trouve tout et n’importe quoi. C’est là que nous avons tout de même trouvé les fameuses épices ainsi que des préparations sucrées à base de macis séché (écorce de la muscade), petits sachets que nous avons minutieusement trimballé jusqu’à notre retour à Paris, soit 1 mois plus tard ! 

Ballade dans les rues de Banda
Ruelle - Port de Banda

Après le coucher du soleil, le bruit des pompes à diesel et des moteurs font place au silence, la mer devient lisse, les pêcheurs rentrent tranquillement. Tout s’apaise…

Bateaux de pêcheurs - Banda

Quel calme ! Demain nous reprendrons la mer et nous ferons nos dernières plongées dans la mer des Banda, avec sa flore quasi intacte et grandiose, son bleu profond, ses tombants colorés … 

Gorgones dans le bleu de la mer de Banda
Chrinoïdes - Banda Sea
Platax - Banda Sea

Y’a pas à dire, la réputation de la région n’est pas surfaite ! La variété et  l’intensité des couleurs font partie des Banda, à l’image de ce gamin rencontré au détour d’une rue … 

Rencontre "colorée" dans les rues de Banda


 [1] – Le poisson mandarin, nommé Synchiropus splendidus appartient à la famille des dragonnets. 

7 réflexions sur « Banda : pas d’épices mais des mandarins ! »

  1. Ah des souvenirs de Banda en 1981(je crois) – basse saison, pas de touristes, hotel quasi-fermé, seulement du thon à manger, mais tellement de grands bancs de poission il aura fallu presque les poussés pour naviguer sous l’eau.
    Très belles photos! Comme toujours d’ailleurs.

  2. @ Corinne. Je suis sûre qu’un jour on se croisera et que les petites bulles auront pleins de choses à raconter aux ploufs ….
    @ Nadia, Véronique …. avec  » la bande », à un de ces jours !
    @ Fiona. Et oui, on a quelques années de retard sur vous 2, vous qui avez été et êtes toujours de vrais explorateurs.
    et aussi … Merci aux conseils avisés et constructifs de Frédéric! Voilà, le rectificatif est effectué et appliqué également au poisson mandarin Synchiropus splendidus … mais je vois d’avance le travail qui m’attend : je vais devoir réécrire toutes les légendes de la galerie de nudibranches !!! (Message de Frédéric : «  C’est superbe! c’est sur la liste depuis longtemps mais que de choses à faire!J’ai relevé une coquille à Jorunna funebris: pas de majuscule sur le 2e mot (nom de l’espèce) et pour les puristes en italique (c’est du latin) …  »

  3. Et coucou, c’est par le Gildas que je suis là, je fais que passer, mais je reviendrai de temps en temps…..bisous à vs 2 et surtout ne changez rien, un bonheur pour les yeux !!!!

  4. Merci pour le récit et les images ! C’est toujours un bonheur de vous accompagner virtuellement dans vos excursions terrestres et subaquatiques.
    🙂

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